La musique est quelque chose d’abstrait, de difficilement explicable. Que l’on pense que c’est un cadeau de Dieu, ou que c’est quelque chose dont la science n’a pas encore été en mesure de percer les mystères, cela demeure une sorte de magie. Toutefois, à force d’écouter des styles différents, et après m’être essayé au travail de composition, sans pouvoir élucider les fondements de la musique en général, je pense être en mesure d’amener des explications sur le fait que l’on apprécie ou non UN morceau de musique.

Donc, posons-nous la question : D’où vient le fait que l’on aime ou que l’on n’aime pas un morceau ?

En tout premier lieu, nous pouvons être influencés par notre culture musicale.

La culture musicale commence par l’éducation musicale que l’on a ou que l’on n’a pas reçue dans sa jeunesse. C’est à dire l’ensemble du flot musical qui nous entouré pendant notre enfance, la radio, la famille, peut-être même les chansons enfantines qui ont bercé notre petite enfance.

Mais la culture musicale peut aussi se développer, ou se créer par la suite. L’intérêt que l’on peut porter à la musique et à certaines radio. Nos achats de cd, parfois au hasard, influencés par la jaquette, et par le biais de ce que l’on a déjà entendu ou vu à la télévision, tout cela nous conditionne inconsciemment à apprécier plutôt une certaine sorte de musique.

Ceci semble poser des fondations pour une explication du goût que l’on peut avoir en musique, mais au delà de cela, il y a des explications plus qualitatives sur les morceaux.

Vous avez remarqué qu’il arrive que l’on apprécie un morceau après l’avoir longuement écouté ?

    Parfois, on n’apprécie jamais un morceau

    Parfois on apprécie tout de suite un morceau.

    Parfois on apprécie tout de suite un morceau, puis on s’en lasse, ou on l’a en horreur.

Quand on apprécie un morceau après l’avoir longuement écouté, c’est souvent (contrairement à ce que beaucoup de gens pourraient croire) que on a fini par se laisser pénétrer par le morceau et que on a trouvé le fil conducteur qui permet de l’apprécier.

C’est ce principe-là qui est utilisé par ce que l’on pourrait appeler le "matraquage". Par les écoutes répétées, le morceau force les résistances de l’intellect, jusqu’à ce que cet intellect soit forcé de remarquer les intérêts du morceau, même s’ils sont minces. Toutefois, il vaut mieux éviter de se faire conditionner par le marketing et se forger soi-même ses propres goûts!

Parfois on n’apprécie jamais un morceau. Ceci peut être dû à un détail : une mélodie, un thème que l’on apprécie pas (comme moi qui n’apprécie pas les thèmes mélodiques nostalgiques. Les thèmes tristes, oui, mais pas nostalgiques). Ceci peut être dû à de petits détails qui font en sorte que l’on porte une grande résistance à la pénétration du morceau. On peut ne pas aimer la voix d’un chanteur, ou le son d’un instrument, on peut aussi avoir l’impression à tort ou à raison que le morceau est copié à partir d’un autre. C’est ce qui m’est arrivé avec "Wind of change" de Scorpion quand elle est sortie.

On peut aussi vouer une allergie plus ou moins volontaire au style de musique auquel le morceau appartient. On peut aussi tout à fait buter sur les mots employés dans la chanson, ou même sur un seul mot. Se trouver ainsi choqué, et ne plus voir le morceau en tant que oeuvre artistique.

Il se peut aussi, mais c’est alors un jugement qualitatif, que ce soit parce que les intérêts du morceau sont trop minces que l’on ne l’apprécie pas. Ceci peut fréquemment se produire en variété. Beaucoup de morceaux de variété sont effet écrits à la va-vite ! Les paroles sont fades, ou alors l’inverse : forcées. Et la mélodie est souvent pitoyable ou copiée ! Et oui, Edith Piaf, Jacques Brel, Georges Brassens, Charles Aznavour, font partie de la variété, mais on est loin de ce niveau-là en variété de nos jours !

Parfois, on apprécie un morceau tout de suite. Cela se produit lorsque l’on est rapidement sensible à certaines choses. Mais il arrive souvent que ce à quoi on était sensible représente le seul intérêt du morceau, ce qui fait que l’on s’en trouve très vite lassé. Un terme a été inventé pour qualifier cela : la musique jetable.

Car il faut que le morceau présente d’autres intérêts pour ne pas en être lassé. A ce moment-là on pourrait réellement parler de tube.

Ceci ne se veut pas une explication exhaustive du goût en musique, mais c’est une présentation de plusieurs raisonnements. Car beaucoup de monde se demande d’où viennent les goûts et les couleurs. Et si les goûts n’étaient qu’une question d’ouverture d’esprit ?

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