Je vais essayer de vous présenter un article ambitieux : l’explication de la qualité en musique. C’est à dire, comment on peut dire qu’un morceau est bien, ou comment on peut dire qu’il n’est pas bien, et ceci en toute objectivité.

"Les goûts et les couleurs, ça ne s’explique pas". C’est une phrase habituelle, sympathique, qui sert à calmer des discussions parfois houleuses. Car la qualité peut s’expliquer, mais c’est assez complexe. Et les débats ressemblent plutôt à : "C’est nul !" ou encore "C’est génial" sans d’autre explication.

Pour cela, j’ai pensé orienter mon argumentation sur les thèmes suivants :

- Les styles de musique

- La technique dans un morceau

Et enfin :
- La qualité d’un morceau




Les styles de musique.

J’ai déjà vu ou entendu des têtes qui pensent être bien pensantes. On peut les apercevoir dans certaines émissions de télé ou les entendre sur France Culture ou d’autres (je ne critique pas France Culture, je l’écoute régulièrement). Ils crachent ouvertement sur ce qui est autre que ce qu’ils écoutent, et ceci sans objectivité. Ils expliquent ainsi que la techno, le rap ou certaines formes de rock ne sont en fait que du bruit ! De vrais amateurs de musique ne devraient pas sortir ce genre de phrase.

Il y a aussi les jeunes qui peuvent dire ce genre de chose, mais ils ont des circonstances atténuantes : leurs goûts ne sont pas finis d’être formés !

On ne peut pas dire qu’un style de musique est nul, ou pas bien. Déjà pour une raison bien simple, c’est une phrase simple que beaucoup de personnes devraient se dire avant de dire une bêtise. "Si des gens écoutent, c’est forcément qu’il y a quelque chose".

Ainsi, pour moi, peu importe le style, l’important, c’est que ce soit de la musique. Il faut aussi oublier les phrases du genre : "Ca, c’est pas de la musique, c’est seulement du bruit". C’est une phrase qui révèle sans doute les goûts de la personne, mais ça ne sert à rien de lancer une phrase aussi violente, qui sera perçue comme une insulte par les fans de ce style.




Ainsi donc, voici une liste non-exhaustive des style de musique qui existent :

    Musique dite "classique" : renaissance, baroque, classique, romantique, moderne, contemporaine, opéra...
    Blues : rhythm and blues, le blues de Californie, le chicago-blues, blues-rock, cotton-blues, swamp-blues, jump-blues...
    Jazz : swing, acid jazz, Africa Beat
    Rock : Rock classique (des années 60 ou rock a billy), twist, pop-rock,
    hard-rock : heavy-métal, trash-métal, death-métal, fusion, punk-rock
    Musique classique du moyen orient
    Raï
    Techno, rève
    Hard-Core
    Trance
    Dance
    Funk
    Rap, Hip Hop
    R’n’B (prononcer Ar èn bi). Ce n’est pas du rhythm and blues, même si c’est ce que cela veut dire.
    Soul
    Gospel
    Celtique
    Chants Grégoriens
    Musique Africaine (transe...)
    Country (musique folklorique des USA).
    Musique folklorique (de chaque pays)
    Valse et valse-musette
    Tango
    Paso-Dobles ...

Il en existe beaucoup d’autres, mais je ne les connais pas tous. En tous cas, tous les styles de musique ont leurs amateurs et aucun style n’est inintéressant.




La technique dans un morceau.

On peut trouver l’intérêt d’un morceau dans la qualité de ou des techniques employées. Car la technique peut enrichir énormément un morceau. Toutefois, la technique ne doit pas représenter le seul intérêt d’un morceau. Si c’était le cas, et c’est parfois le cas, le morceau ne pourrait alors s’adresser qu’à un public averti, c’est à dire des connaisseurs, voire même des musiciens, et encore, des musiciens sachant jouer des mêmes instruments que ceux représentés dans le groupe.

Ainsi donc, voici quelques-unes des techniques que l’on peut trouver dans des morceaux :

    Contre-temps (subitement, un cycle débute un demi-temps en avance, ou un demi-temps en retard, surtout utilisé dans le heavy-métal)

    Questions-réponses entre instruments (souvent utilisé dans la musique classique, le blues, le jazz, ou hard-rock)

    Diminution et augmentation du tempo afin de créer plus d’émotion dans le morceau. (Technique largement utilisée dans la musique classique).

    Retard (ou avance) d’un instrument (musique classique, jazz, blues, hard-rock) :
    Par exemple, à l’attaque, un instrument, souvent le soliste, commence volontairement avec un décalage d’une fraction de temps. Mais ceci est un exemple, car on peut utiliser le retard, ou l’avance à n’importe quel moment de l’intervention de cet instrument. Ceci a pour but de faire ressentir une émotion, de la même façon que l’augmentation ou la diminution de vitesse.

    Le canon :
    Le principe est le même que dans une chorale. Sauf qu’il n’est obligatoire de faire un canon "complet". Le principe est le suivant : Un ou plusieurs instruments reprennent le "thème" du morceau (le thème peut être une mélodie de chant, ou ce qu’on appelle dans le rock un "riff", un thème musical) mais en partant avec un décalage d’un ou plusieurs cycles. Pour alléger un peu, on peut arrêter le canon à des points stratégiques dans le morceau (comme le refrain, le changement de thème, ou une modulation).

    La modulation :
    La modulation réside dans le principe de tout décaler (mélodie et accompagnement) d’un certain nombre de tons. Ceci est largement utilisé dans certaines chansons douces qui veulent apporter un regain d’émotion vers la fin du morceau (Heal The World, de M. Jackson en est un parfait exemple). La modulation est également utilisée en musique classique, mais de manière plus riche, et souvent sans que l’auditeur s’en rende réellement compte. La plupart du temps, il semble juste percevoir quelque chose d’étrange, car souvent, les accords changent en même temps que la modulation.

    Le silence (ou break) :
    Le silence est tout simplement un blanc qui se produit à un moment précis dans le morceau. Mais le tempo court toujours pendant ce temps-là. Il faut donc reprendre au bon moment, et sans repère. Le silence dure, le plus souvent un cycle complet. Mais il peut arriver que ce soit une fraction de cycle, ou même, une durée ne respectant volontairement pas un nombre entier de mesures, le morceau peut même reprendre à côté du tempo.

    Le rythme utilisé :
    Si dans la musique classique, pratiquement tous les rythmes sont utilisés, dans les autres styles c’est très rare. Et cela apporte autant de surplus de richesse dans un morceau.

Il peut arriver que seul le break, les couplets ou le refrain soient dans un rythme différent du 4/4 traditionnel.

Beaucoup d’autres techniques existent. En plus, nous n’avons pas évoqué les techniques qui sont liées à des instruments bien précis (bend, hammer, slide en guitare...). De plus, comme toutes les techniques, rien n’empêche d’essayer d’en inventer d’autres (exercice très difficile car elles ont presque toutes déjà été exploitées), ou de mettre des techniques existantes dans des situations nouvelles.




Dernière partie : La qualité dans un morceau.

Comment peut-on dire qu’un morceau est bien ?

Tout d’abord, il ne doit pas donner l’impression d’être une pâle reproduction de quelque-chose qui existe déjà, sans amélioration.

On peut percevoir des techniques au sein du morceau, mais les techniques ne doivent pas être trop "à la mode", sinon il donnera l’impression d’être une pâle reproduction de quelque chose qui existe déjà.

Il doit y avoir une notion de travail pour que le morceau soit bien, ou alors, une notion d’inspiration.

Toutefois, attention à un détail : ce n’est pas parce-qu’un morceau est simple qu’il n’est pas bien. Car parfois la difficulté réside en la simplicité. Certaines mélodies de chant de Charles TRENET ont l’air simples, et pourtant on ne peut pas remplacer une note par une autre !

On peut ensuite dissocier la qualité : des paroles, de la composition, de l’interprétation et aussi de qualité sonore. La qualité sonore est une chose relativement importante, car elle peut créer l’illusion que le morceau est bien, ou alors l’inverse si elle est suffisamment mauvaise pour que l’on croit que le morceau n’est pas intéressant, du moins, de prime abord.




J’ai voulu toute cette réflexion assez généraliste afin qu’elle puisse être appliquée à tous les styles musicaux. J’ai aussi essayé de simplifier au maximum. Je suis conscient que toute cette réflexion peut paraître abstraite, mais la musique n’est pas facilement explicable. C’est à chacun de trouver sa voie dans la musique, trouver le style qui lui correspond le mieux. Mais stop à la musique facile ! Et stop aux éditeurs qui ne pensent qu’à l’argent !




jp.arnaud @ excento.fr



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